Tehaya
Je ressentais une douleur lancinante à la poitrine et à la tête. J’agrippais ma tête à deux mains, la sentant sur le point d’exploser. Une voix douce et enfantine de fillette résonna :
- Met ta tête entre tes genoux.
J’obéissais, n’en pouvant déjà plus. La douleur qui me martelait la tête commença aussitôt à régresser peu à peu, jusqu’à disparaître. Je respirais enfin plus librement et regardais qui avait parlé, sur une chaise, placée à côté du lit sur lequel je reposais, une enfant de huit ans brodait tous doucement, l’air de plus ou moins s’intéresser à moi. Je l’observais, fascinée par sa beauté d’un autre monde. Sur ces épaules coulait doucement une cascade d’or en fusion bouclée. Ses yeux étaient légèrement bridés et d’un bleu si foncé et profond qu’ils faisaient passé tout les autres bleus pour des pâles imitations. Sa peau d’un doré soutenu contrastait avec ses lèvres roses pâles. Et, le plus étrange dans cette fille, c’étais qu’elle portais des haillons. Un courant d’air froid me glaça alors jusqu’ai os. Comment était-ce possible ? nous étions en plein mois de Juillet et je portais une des vieilles robes épaisses de ma mère. C’est alors que je réalisais un fait que j’aurais dû remarqué bien avant : JE NE PORTAIS PAS DE ROBE ! Je remontais rapidement la couverture sur moi, gênée qu’on ait pu me voir si longtemps dans les légers sous vêtements que j’avais réussi à m’acheter après des mois de travail à un salaire de misère au bistro du coin. La jeune fille rigola doucement en voyant ma réaction, sans même lever les yeux de son ouvrage.
-Où suis-je ?
L’enfant releva le tête, l’air étonnée que j’ai parlé, mais répondit tout de même :
-À l’orphelinat H&H, répondit-elle de sa voix chantante.
-À l’orphelinat H&H ? Mais qu’est-ce que je fais là ? demandai-je, incrédule.
-Ça, c’est à toi, de me le dire ! répliqua-t-elle. Mon grand frère t’a ramener ici, ta robe à moitié déchiqueté et n’a rien voulu me dire sur toi. Il faudra sûrement que tu attendes qu’il se réveille pour le savoir.
J’hochais doucement la tête, mais ne pouvait m’empêcher de rajouter :
-Où est ma robe ?
-Elle étais déchiré à plusieurs endroits et il y avait un gros trou à la poitrine, expliqua-t-elle, alors…On l’a…Brûlée…
Sous mon regard hébété, elle semblait gênée, se tortillant sur place avec un air de remords. Je m’efforçais de regardé ailleurs et demandais :
- Et ton frère, lui, où est-il ?
-Il est…
-Mais vous n’avez pas bientôt fini de piailler !
Je sursautais violemment en voyant une tête à la chevelure ébouriffée apparaître de la couche d’en haut et remontais à nouveau les draps sur mon corps à moitié nu. La couche d’en haut ? Encore une chose que je n’avais pas remarquer ! Décidemment, j’étais très inattentive aujourd’hui !
Je remontais la couverture un peu plus pour cacher mon corps presque nu au jeune homme que nous avions déranger dans son sommeil, ne prenant que le temps de remarquer qu’il ressemblais trait pou trait à sa sœur.
- C’est lui ton frère, demandais-je.
-Oui.
-c’est quoi ton petit nom ?
-Bianca.
Je leva la tête pour regarder le gars aux cheveux ébouriffés.
- Et toi, c’est quoi ton petit nom ?
Il me regarda étrangement pendant quelque minute avant de dire, à la similitude près, ce que j’avais dit un peu plus tôt.
-Et toi, c’est quoi ton petit nom ?
Je me retournais, insulté, pour me recoucher quand j’entendis le cri d’un bébé. Je regardais d’où provenait ce bruit qui me perçais les tympans. Je vis, dans un coin de la pièce, un petit berceau. Voilà ! Un autre truc que je n’avais pas remarquer ! Le frère de Bianca descendit de la couche d’en haut, l’air désespérer, pour aller calmé le bébé. Dès qu’il le prit, le bébé se calma.
-Za-chy.
Le frangin de Bianca déposa rapidement le poupon dans les mains de cette dernière et partie dehors pour faire on ne sais trop quoi.
-Bi-an-ca.
Je fixai le frimousse du bébé. On devinait facilement que ça devait être le frère de Bianca… Et de son frère. Je demandais, trop curieuse pour m’en empêcher :
- C’est quoi son petit nom ?
- Anniel, me répondit Bianca.
- An-ni-el, répéta le bébé.
-Tu veux le prendre ? demanda Bianca.
Ne me laissant même pas le temps de répondre, elle déposa Anniel dans mes bras et retourna brodé. Je regardais le petit bout de chou dans mes bras. Il se colla contre moi avant de fermer les yeux. Je me retenais de dire «ho ! » au risque que son cinglé de frère arrive ce qui, avec ma malchance habituelle, serai arrivé, et il m’aurait encore jeté CE regard. Comme pour confirmer mon impression précédente, l’autre malade arriva avec un biberon qu’il projeta d’un habile lancer. Je l’attrapai, devinant enfin ce qu’il était allé faire. En reconnaissant l’odeur de sa pitance, Anniel ouvrit les yeux et commença à calmer son estomac affamé. Je ne bougeais pas, admirant l’adorable visage de l’affamé. Sentant une présence au dessus de moi, Je relevai la tête. Je me la cognai aussitôt contre celui du frère de Bianca, celui-ci m’observant avec curiosité. Je lui lançai un regard furibond. Il grimpa rapidement sur la couchette du haut et je ne le vis plus. Je me penchai vers Bianca et chuchotai :
-C’est quoi son nom à la fin ?
-Zachy, répondis la voix feutré du frère de Bianca du haut de sa couche.
Je me retins de défoncé la base de la partie du haut, ayant une pensée pour Anniel qui serait enseveli avec moi si je cédai à mes impulsion. Non, mais pour qui il se prenait se tipe ? Je ne lui avais rien demandé ! Ne sachant plus quoi faire, je chuchotai, toujours à Bianca :
-Il est mignon ton petit frère.
Elle me regarda avec des yeux rond comme deux lunes. Elle chuchota à son tour :
-Mais Anniel n’est pas mon frère !
Gênée, je rougis. Pourquoi, pourquoi mon dieu, fallait-il qu’aujourd’hui précisément je sois si inattentive ? Je soulevai doucement son petit bonnet, essayant de voir sa chevelure. Cette fois si, ce furent mes yeux qui prirent la taille de l’astre nocturne. Pas que sa chevelure étais spéciale à se point, malgré le fait qu’elle étais aussi ébouriffée que celle de Zachy et que les pointes était plus foncées que le reste de ses cheveux, non, ce que j’avais sous les yeux était réellement plus effrayant. En vérité, c’était fort simple: les oreilles d’Anniel n’étais pas des oreilles d’humain, c’étais des oreilles de renard ! Je retirai complètement son couvre-chef , admirant ses oreilles sous tous les angles, passant mes doigts dessus pour m’assuré qu’elles étaient réelles. Anniel rigola de son doux rire de bébé, me regardant un peu de travers, se demandant visiblement pourquoi j’agissais ainsi. Je me retournais vers Bianca, voulant comprendre, mais celle-ci me regardai avec horreur, l’air prête à intervenir si je faisait le moindre geste d’agression envers le poupon. Je le déposai sur la couverture, prenant la bouteille vide qu’il me tendait. Bianca la prit et grimpa une seconde avant de redescendre avec son frère. Ce dernier prit Anniel et s’assit pendant que sa sœur sortait. Quelques minutes plus tard, Bianca revient et chuchota à Zachy :
-Zachy, je veux dormir, je suis fatiguer.
- Si elle veut, je lui raconterai l’histoire d’Anniel en haut, répondit-il en me regardant.
J’acceptai, voulant à tous pris savoir. |